3 étudiantes en santé lancent l’appli mobile Drépacare

Maryem Ait Zerbane, pharmacienne, Laëtitia Defoi, infirmière et Anouchka Kponou, ingénieur en biotechnologie sont toutes les trois étudiantes en Master 2 Santé Publique et Nutrition Humaine. Elles vivent à Paris mais sont originaires du Maroc, du Bénin et des Antilles et ont lancé l’application Drépacare pour accompagner au quotidien les populations touchées par la Drépanocytose. Rencontre avec Anouchka Kponou pour nous présenter cette application d’e-santé.

 

Comment avez-vous été sensibilisées par la Drépanocytose ? Pourquoi Drépacare ?

Tout simplement car j’ai moi-même développé une forme sévère de la Drépanocytose. Mes collègues ont été sensibilisées par leurs proches touchés par la maladie. Dans le cadre de notre Master, nous avons eu à développer un projet santé. Étant déjà sensibilisées par la Drépanocytose, c’est tout naturellement que nous avons choisi ce sujet. Nous voulions faire connaître et apporter des solutions à une maladie peu connue en métropole qui touche essentiellement nos populations d’Afrique et d’Outre-Mer. Nous avons choisi de développer l’application Drépacare et d’exploiter les atouts du numérique pour toucher une population plus large, bien au-delà de l’hexagone.

 

Peux-tu nous en dire plus sur l’application Drépacare ?

C’est un outil de prévention, d’information et de suivi au quotidien des Drépanocytaires, qu’il s’agisse de nutrition, d’alimentation ou de santé générale. Les drépanocytaires rencontrent des difficultés de gestion de leurs traitements. L’application leur permet de créer des rappels de traitements ou de rendez-vous. Elle aide à la prise en charge, offre une visibilité sur l’évolution de l’état de santé et permet de mesurer l’efficacité d’un traitement. Elle bénéficie d’un espace dédié aux témoignages pour impliquer chacun dans sa maladie et rompre ainsi l’isolement. D’ici septembre, un forum sera ajouté parmi les fonctionnalités.

 

Quelles ont été les étapes essentielles pour développer votre projet ?

Nous avons monté un dossier pour obtenir le statut étudiant auto-entrepreneur, celui-ci permet dans certains établissements de remplacer le stage et de bénéficier d’une véritable expérience professionnelle. N’ayant pas de locaux, nous avons travaillé dans des espaces de coworking, une solution idéale notamment pour faire des rencontres. Pour développer l’application, nous avons fait appel à des développeurs, graphistes et professionnels de santé. En termes de financements, notre projet santé nous a permis de recevoir un certain nombre de dons, notamment grâce au Crowdfunding (financement participatif).

 

Quelles ont été les étapes les plus difficiles ?

Nous avons un profil plutôt scientifique et nous avons dû apprendre rapidement les problématiques administratives et financières que comprennent un projet d’application. Cela demande de devenirs bons managers et de bien s’entourer. C’est nouveau et enrichissant.

 

Quels conseils pourrais-tu apporter aux étudiants qui comme vous, souhaiteraient lancer une application mobile ?

Je leur dirais de ne pas rester seuls, quelques soient leurs craintes. Il faut s’entourer d’experts et d’une vraie équipe avec des compétences complémentaires. Je leur recommande d’utiliser les ressources mises à disposition par les différents organismes privés et publics. Enfin, la motivation et l’envie d’apprendre seront indispensables pour aller au bout de leurs projets.

 

 

Téléchargez l’application Drépacare sur Google Play

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